Le 19 juin, 2019

Un vrai travail d’équipe à la Tour de Springbank

« Chacun a eu un parcours unique avant d’arriver à NAV CANADA », indique Shamus Gordon, gestionnaire d’emplacement à la Tour de Springbank depuis à peine un an. Au départ, ce qu’il a remarqué à propos de l’équipe, c’est que peu importe la charge de travail, tout le monde « se serre les coudes pour que l’aéroport fonctionne comme il le devrait. Composé de professionnels aguerris, le groupe fonctionne comme un mécanisme bien huilé ».

« Malgré mes interventions comme gestionnaire, ils parviennent à faire leur travail », ajoute-t-il en riant.

Yellowknife. Il habite à Yellowknife et fait peu de cas de devoir prendre un vol de deux heures jusqu’à l’Aéroport international de Calgary et conduire 30 minutes pour se rendre au sud de l’Alberta, à la Tour de Springbank, pour son travail.

En tant que contrôleur d’expérience, Shamus a aussi enseigné le cours VFR et d’autres cours. Il lui arrive donc parfois de se replonger dans le volet davantage opérationnel de son travail et de passer plus de temps dans la tour. On peut dire de lui qu’il prêche par l’exemple.

Au départ, Shamus voulait être pilote, et avait suivi une formation avancée et obtenu sa licence de pilote professionnel. « Après avoir accepté un emploi à NAV CANADA, il y a près de 20 ans, j’ai été à ce point impressionné par l’organisation que j’ai décidé de rester. J’ai travaillé dans plusieurs tours au pays et j’ai appris sans arrêt au fil des ans », raconte-t-il.

« Ici, à Springbank, je connais bien nos clients. J’ai été l’un de ces pilotes débutants âgé de 18 ans sur l’aire de trafic, un peu perdu, hésitant à enfoncer le bouton pour parler aux contrôleurs parce que je ne savais pas trop ce qu’ils me diraient. J’ai passé par là ».

Opérations quotidiennes

L’aéroport compte deux pistes, et est ouvert de 7 h à 23 h, sept jours par semaine. Situé dans les contreforts des Rocheuses, l’aéroport est l’aérodrome certifié le plus près de Banff.

Bien moins connu que l’aéroport voisin de Calgary, l’aéroport de Springbank « est constamment l’un des 10 aéroports les plus achalandés au pays, ce que la plupart des gens ignorent », indique Shamus. « Parfois, les gens croient que Springbank n’est qu’un petit aéroport à l’ouest de Calgary, mais ils se trompent, précise-t-il. Nous sommes l’un des aéroports les plus achalandés au Canada pour ce qui est du volume de trafic, lequel consiste surtout en des vols de formation au pilotage sur des aéronefs à voilure fixe et des hélicoptères, ce qui présente des défis particuliers, la plupart des gens étant des apprentis pilotes ».

View from inside Springbank Air Traffic Control Tower

Une autre partie du trafic provient d’entreprises qui veulent s’assurer que leurs pilotes brevetés maintiennent leurs compétences à jour en leur faisant faire ce que Shamus appelle « un tour d’avion », une fois aux six mois ou par année, vols qui s’ajoutent au volume de trafic.

Formation au pilotage

L’équipe de Springbank est très fière, à juste titre, de son rôle dans la formation des élèves-pilotes, leur montrant par exemple à bien communiquer par radio à l’aide de la bonne terminologie. Elle leur enseigne, en d’autres mots, ce qu’ils doivent faire et comment demeurer en sécurité dans un environnement aéroportuaire opérationnel.

« C’est simple. Quand les gens apprennent, il leur faut du temps pour bien assimiler la nouvelle matière. Cela fait partie du processus normal d’apprentissage, explique Shamus. C’est pourquoi notre équipe doit être très vigilante et doit s’assurer que les élèves-pilotes font bien ce que leurs instructeurs de vol leur disent et qu’ils suivent la bonne trajectoire de vol dans la bonne séquence ».

« Le fait qu’ils volent très près les uns des autres complique un peu plus les choses. C’est une section d’espace aérien achalandée et complexe ».

La Tour de Springbank offre un service complémentaire à celui de l’aéroport de Calgary, et évite aux petits aéronefs de nuire au trafic commercial.

Une collaboration exemplaire

Shamus souligne la collaboration de l’équipe avec les écoles de pilotage. « Elles savent que nous jouons un grand rôle dans la formation de leurs pilotes. Comme collaboration, il n’y a pas mieux », dit-il.

« Il arrive à nos contrôleurs de corriger un élève-pilote, de lui expliquer ce qu’il a mal fait et d’insister sur les répercussions potentielles de ses erreurs. Parfois, ils le font lorsque le pilote est dans les airs. Parfois, ils opteront pour un appel téléphonique une fois le pilote au sol ».

Francis Delisle, spécialiste, Exploitation de l’unité, à la Tour de Springbank, compte 24 années d’expérience. Le jour où il a soumis sa candidature comme contrôleur, un métier qui lui avait paru intéressant après avoir vu le poste affiché dans un journal, il ignorait à peu près tout de l’industrie.

Francis souligne lui aussi l’important volume de trafic à l’aéroport : « Il y a ici beaucoup plus de va-et-vient dans les airs que dans les autres aéroports davantage commerciaux. Tous les aéronefs décollent en même temps chaque jour et reviennent en même temps, ce qui est notre principal défi opérationnel ».

Par exemple, les écoles de pilotage font sortir un groupe d’élèves à 8 h. À 8 h 15, ils sont dans les airs. Ils suivent leur formation et reviennent se poser aux alentours de 9 h 30 ou 9 h 45 pour que les écoles soient prêtes pour leurs prochaines réservations à 10 h. « Nous travaillons par vague », précise Francis.

General Aviation Aircraft

Un jour occupé, il peut y avoir 95 mouvements à une heure donnée, 30 mouvements l’heure suivante, puis 80 mouvements, 40 mouvements et après 105 mouvements. Les nouveaux venus doivent s’adapter sur les chapeaux de roue « parce que c’est à ça que ressemblent nos cycles de trafic », poursuit Francis.

À l’instar de Shamus, Francis est toujours prêt à se retrousser les manches et à prêter main-forte aux autres contrôleurs au besoin. Il aime en particulier « fournir un service de contrôle. Pas un jour ne se ressemble et c’est très stimulant quand c’est super occupé », dit-il.

Il compare son travail à un jeu vidéo : « Nous devons jongler pour assembler toutes les pièces du casse-tête. Je peux affirmer sans me tromper que chacun des membres de l’équipe adore son travail et y excelle. J’ai la chance de travailler avec des gens formidables ».

La contrôleure Leslie Payette travaille pour la Société depuis 2010, et est venue directement à Springbank après sa formation VFR. Elle possède une formation éclectique. Elle a un baccalauréat ès sciences en botanique et a travaillé comme agente de bord. « Ce n’est pas un cheminement de carrière typique, je le sais, dit-elle en riant. Mais je ne l’ai jamais regretté. J’adore mon travail. »

Elle fait remarquer que l’une des difficultés à Springbank est la gestion du trafic en raison des fréquents chinooks, qui peuvent réchauffer la température en quelques minutes. Au Canada, les chinooks sont présents presque exclusivement dans le sud et le centre de l’Alberta.

« Un jour, nous pouvons avoir des vents soufflant à 45 nœuds à l’heure, et le lendemain, le calme plat et un temps plutôt chaud, dit-elle. Étant donné que la circulation aérienne dépend étroitement de la météorologie, il faut être constamment en alerte! »

Rotation

Durant les périodes de la journée les plus occupées, un contrôleur sol, un contrôleur d’aéroport – circuit et un contrôleur d’aéroport – survol sont en service, ce qui requiert beaucoup de communication. « Nous passons d’un poste à l’autre pendant la journée », explique Leslie.

Le contrôleur d’aéroport – circuit gère le circuit (aéronefs des écoles de pilotage), de la piste en service jusqu’à 5 000 pieds (1 000 pieds AGL). Le contrôleur d’aéroport – survol gère le trafic itinérant et les hélicoptères (il y a deux hélisurfaces, et les hélicoptères utilisent les voies de circulation quand l’aéroport est occupé) jusqu’à 5 500 pieds (1 500 pieds AGL), l’altitude à laquelle les vols en rapprochement se présentent. Il gère aussi le côté hors du circuit de la zone de contrôle. L’objectif est de séparer les hélicoptères des aéronefs à voilure fixe et d’intégrer les aéronefs itinérants dans le circuit de la manière la plus efficace possible.

Travail d’équipe

Deux des collègues contrôleurs de Leslie sont Matt Wang, un natif de Calgary, et David Hartwick. Si Matt est relativement nouveau au sein de l’équipe (il s’y est rallié en octobre 2017), David travaille pour la Société depuis plus de 20 ans.

Springbank Air Traffic Control Tower Team

Ces derniers ont chacun un style et des compétences qui leur sont propres dans leur rôle et comme Leslie, insistent pour dire que le travail d’équipe et une communication claire sont nécessaires pour assurer le bon déroulement des opérations dans un milieu aussi complexe.

David décrit son travail à la tour comme « une partie du programme de relève de l’aviation canadienne. C’est le début de l’aventure pour de futurs pilotes, qui en viendront peut-être un jour à piloter de gros avions commerciaux. C’est pourquoi nous mettons autant d’effort à encadrer les nouveaux élèves-pilotes : nous croyons que c’est un rôle important et nous sommes fiers d’y participer ».

Au fil des années, la tour a aussi préparé son lot de contrôleurs stagiaires à prendre les rênes du contrôle de la circulation aérienne.

Selon David, il est important de ne pas trop se prendre au sérieux au travail, et pour ce faire, il cultive son sens de l’humour. Voici ce qu’il a partagé sur sa page LinkedIn :

« J’aspire à avoir une influence positive dans le monde et dans la vie des gens. Je suis actif au sein de ma communauté et j’appuie plusieurs causes, dont une qui consiste à soutenir la représentation et la mobilisation communautaire pour la plus importante association communautaire de l’Alberta, qui regroupe 58 000 personnes. Et je travaille de temps en temps ».

Et pour travailler, il travaille. « J’aime le fait que cela m’amène à réfléchir. Pour travailler dans cette industrie, vous devez avoir confiance en vous-même et être capable d’apprendre vite, mais la formation que nous donne NAV CANADA nous y prépare ».

« C’est une carrière enrichissante à plus d’un égard, ajoute-t-il. L’un des plus gros avantages est de ne pas avoir à apporter son travail à la maison à la fin de la journée. Je peux passer du temps avec ma famille », indique David.

« Cela me permet aussi de me consacrer à mes autres passions, le bénévolat et le don au suivant. Je veux être un agent de changement positif. Je tente de changer le monde pour le mieux, une personne à la fois. Après tout, nous avons tous parfois besoin d’aide. Je veux être présent pour l’offrir ».

Formation

Quand on l’interroge sur ce qu’il dirait aux contrôleurs en herbe à propos de l’emploi, Matt pense à sa récente formation. Il leur dirait qu’ils doivent s’attendre à travailler fort, très fort, et aussi à mémoriser une quantité phénoménale d’information jusqu’à la savoir sur le bout des doigts, et à pratiquer le plus souvent possible.

« Après tout, quand vous dirigez des aéronefs à l’approche, indique Matt, ce n’est pas le moment de demander aux pilotes de garder leurs aéronefs dans le circuit jusqu’à ce que vous sachiez quoi faire ».

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