Le 4 décembre, 2018

Surveillance par drones de baleines menacées d’extinction

Au cours de l’été 2017, le gouvernement du Canada a signalé la mort inexpliquée de 12 baleines noires de l’Atlantique Nord dans le golfe du Saint-Laurent. Les scientifiques, les médias et le public se sont intéressés au dossier.

Le ministre fédéral des Pêches a rencontré scientifiques, groupes autochtones et représentants des industries de la pêche et du transport maritime pour parler de solutions. Durant ces échanges, le ministre il a dit : « Nous sommes très ouverts à incorporer toute innovation et technologie dans les solutions envisagées ».

C’est alors que NAV CANADA est intervenue. Vu son expertise et sa compréhension de l’intégration des aéronefs télépilotés (RPAS ou drones) dans l’espace aérien canadien, on a demandé à NAV CANADA de contrôler l’espace aérien concerné pendant que l’on recueillerait les données qui pourraient aider à prévenir le décès d’autres baleines noires. Bien que ces baleines soient les plus touchées, cette préoccupation touche également toute une gamme de mammifères marins.

La décision a alors été prise de réunir un groupe d’experts de l’aviation afin de planifier la gestion de la circulation aérienne et les aspects opérationnels de la mission et d’assurer la surveillance aérienne des mouvements des baleines dans la région.

« C’est alors que l’on a demandé à NAV CANADA, vu son expertise et sa compréhension de l’intégration des aéronefs télépilotés (RPAS ou drones) dans l’espace aérien canadien, de contrôler l’espace aérien concerné pendant que l’on recueillerait les données qui pourraient aider à prévenir le décès d’autres baleines noires ».

Collecte de données

De concert avec Transports Canada, NAV CANADA a mobilisé une équipe à Ottawa, à Montréal et en banlieue de Mont-Joli, au Québec, pour appuyer la surveillance des baleines noires en août dernier. Le temps pressait. « La saison était très avancée et nous avions peu de temps, précise Sylvie Lemay, spécialiste ATC, Opérations RPAS. La Société s’est dépassée pour mettre rapidement sur pied une grosse équipe interfonctionnelle ».

Tous les jours, en août, quand le temps le permettait, un RPAS décollait de l’aéroport de Gaspé pour survoler le corridor nord au-dessus de l’île d’Anticosti ou le corridor sud entre l’île et l’aéroport. Nous devions protéger l’espace aérien, notamment en incluant des changements de dernière minute qui ont mis à l’épreuve notre flexibilité, pour que la mission se déroule de manière sécuritaire et efficace.

« Vers la fin du projet, il y a eu énormément d’activités aériennes centrées sur l’observation d’un groupe de baleines situé au sud-est, ce qui a requis des changements aux plans établis », poursuit Sylvie.

Un drone hors de l’ordinaire

Le RPAS utilisé était un Outlaw SeaHunter, l’aéronef sans pilote emblématique de Griffon Aerospace. À quelque 300 livres, le SeaHunter n’est pas un jouet et est bien plus gros que les RPAS actuellement à la mode.

D’ajouter Joël Langlois, contrôleur à l’ACC de Montréal : « Il y a du trafic VFR régulier dans la région. Nos plus gros défis étaient donc de veiller à la sécurité pendant la durée du projet et de minimiser la perturbation des vols ». Certaines restrictions de l’espace aérien ont été instaurées pour la durée du projet conformément à l’article 5.1 de la Loi sur l’aéronautique pour l’espace aérien contrôlé et non contrôlé au-dessus du golfe, les voies d’accès aux zones opérationnelles et l’espace aérien entourant l’aéroport de Gaspé.

Il a fallu jongler pour assurer la gestion de l’espace aérien : « Une fois que nous avions la confirmation du pilote du RPAS que l’appareil était à l’intérieur des zones de mission, nous pouvions alors libérer la région de Gaspé pour le trafic IFR et VFR, a ajouté Joël. Nous voulions maintenir la trajectoire de vol préprogrammée du RPAS aussi prévisible que possible, ce qui posait en soit son lot de difficultés, afin de gérer le trafic tout autour le mieux possible ».

En prévision de ce projet, notre équipe a tiré profit de son expérience récente au Sommet du G7 dont le Canada a été l’hôte cette année à La Malbaie, au Québec. « Nous avons pris ce modèle et l’avons peaufiné pour l’adapter aux besoins de la situation. Et à l’avenir, nous allons en faire autant avec cette nouvelle expérience », indique Joël.

Des scientifiques des milieux marins viennent en aide à une baleine prisonnière de filets de pêche.

Trouver une solution

Grâce aux données recueillies, il sera possible dorénavant de prendre des décisions plus éclairées. Parmi les solutions avancées, citons le remplacement de l’équipement de pêche et la modification des dates de la pêche au crabe de sorte que l’équipement soit retiré avant la migration des baleines dans le golfe. Grâce à une surveillance plus fiable et à un meilleur partage de l’information en temps réel, certains corridors de transport maritime et limites de vitesse ont été modifiés durant les saisons de trafic élevé.

En raison de sa participation à ce projet, NAV CANADA est bien placée et expérimentée pour relever d’autres défis similaires à l’avenir. « Cette expérience a été un réel apprentissage et un travail d’équipe, affirme Joël. C’est vraiment bien que notre expertise puisse contribuer à une si bonne cause. D’ajouter Sylvie : « Je suis vraiment fière d’avoir participé à cette initiative ».

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