Le 5 novembre, 2018

Parlons drones avec Brian Guimond

Pour beaucoup de gens, les système d’aéronef télépilotés (RPAS), généralement appelés drones, se divisent en deux catégories : jouets et armes militaires.

Les drones récréatifs sont offerts aux consommateurs par un grand éventail de vendeurs, des magasins de jouets du coin aux géants du commerce électronique, et survolent parfois les plages et les parcs. Or, entre les utilisations récréatives et militaires, nous assistons à la montée en flèche des utilisations d’un autre type : commercial.

Vu la croissance de l’industrie des RPAS et la nouvelle réglementation de ces appareils proposée au pays, NAV CANADA collabore avec ses partenaires de l’industrie pour cerner les meilleures manières de gérer les RPAS et de les intégrer aux autres appareils présents dans les airs, tant pour les utilisateurs des RPAS que pour ceux au sol.

Notre collègue Brian Guimond, gestionnaire national, Développement de systèmes de gestion de la circulation des aéronefs télépilotés, explique le rôle joué par NAV CANADA pour assurer un environnement opérationnel sécuritaire au moment où ces technologies complexifient le ciel.

Parlez-nous de votre rôle à NAV CANADA, Brian

Je me suis joint à NAV CANADA en 2006 à titre de gestionnaire, Opérations militaires, après 35 années dans l’Aviation royale du Canada. Comme militaire, j’avais occupé des postes liés au contrôle de la circulation aérienne (ATC) au Canada et en Allemagne, ainsi que de nombreux postes supérieurs liés aux normes ATC, à la défense aérienne, à l’approvisionnement et à la gestion de projets. Puis, lorsque les activités des RPAS ont commencé à gagner en importance, ces questions ont été ajoutées à mes responsabilités.

Les opérations des RPAS ont une incidence croissante sur les unités de NAV CANADA; voilà donc mon champ d’intervention actuel.

À quels buts commerciaux servent les RPAS?

Les vocations commerciales de ces aéronefs ne cessent de se multiplier. Ils ont pour principal atout la capacité d’effectuer des activités de surveillance et d’inspection de manière plus sécuritaire, efficace et économique que par des moyens traditionnels. Outre leurs utilisations commerciales (et récréatives) bien répandues de prise de photos et de vidéos aériennes, les RPAS peuvent servir à l’inspection des infrastructures, à la surveillance des cultures, à la protection de la faune et aux interventions d’urgence. Par ailleurs, dans l’industrie de l’aviation, les aéroports et d’autres fournisseurs SNA emploient des RPAS à des fins d’arpentage, et certains États mettent à l’essai un système de gestion de la circulation pour les RPAS en anticipation des demandes de l’industrie de la livraison de colis par drone.

« L’intégration des RPAS à l’espace aérien national apporte des défis particuliers à la gestion de la circulation aérienne et elle continuera de le faire. »

Quels sont les problèmes posés par les RPAS dans l’espace aérien d’un aéroport et quelle est leur incidence sur les spécialistes des services de la circulation aérienne?

La multiplication des mouvements des RPAS au Canada s’est traduite par une hausse des incidents près des aérodromes. Les opérations RPAS non coordonnées par des spécialistes des services de la circulation aérienne peuvent poser un danger et perturber les services de navigation aérienne. Les RPAS sont trop petits pour être détectés par radar et tendent à ressembler à des oiseaux. Ils sont les plus dangereux lorsqu’ils sont près d’aéronefs durant des phases critiques du vol, telles que le décollage et l’atterrissage. Durant ces périodes, les RPAS sont encore moins détectables, mais peuvent néanmoins gravement endommager les moteurs d’un aéronef, au péril des pilotes et des passagers à bord.

Comment les exploitants d’RPAS peuvent-ils réduire les risques liés à leurs activités?

Au Canada, en général, nous avons des espaces aériens contrôlés et non contrôlés. Dans les deux cas, l’approbation de toute utilisation commerciale d’RPAS est du ressort de Transports Canada par l’intermédiaire des certificats d’opérations aériennes spécialisées.

Pour emprunter l’espace aérien contrôlé, les exploitants d’RPAS commerciaux doivent assurer une coordination avec nos services de navigation aérienne et en obtenir l’approbation ainsi que des indications quant au moment et le lieu où le vol sera autorisé. Ainsi, notre personnel ATS pourra évaluer les risques liés à l’opération proposée et imposer des restrictions au besoin, telles que des limitations d’altitude et d’heures d’opérations ou l’exigence de maintenir les communications.

Les exploitants d’RPAS peuvent faciliter ce processus en assurant une coordination avec nous le plus en avance possible, surtout dans les zones à proximité d’aéroports et d’opérations d’aéronefs pilotés. D’ailleurs, mieux les exploitants connaîtront les règles et les pratiques de l’aviation, plus cette coordination sera efficace.

Quel est l’avantage que peut tirer l’industrie de l’aviation des RPAS? Quel est le rôle de NAV CANADA?

À terme, les RPAS auront une importance accrue dans l’industrie de l’aviation et seront utilisés pour l’inspection de gros porteurs et l’inspection en vol des aides à la navigation, entre autres. L’intégration des RPAS à l’espace aérien national apporte des défis particuliers à la gestion de la circulation aérienne et elle continuera de le faire. Si la croissance de l’industrie suscite un grand engouement, elle doit s’opérer sans compromettre la sécurité des gens au sol ou dans les airs.

Dans cette optique, NAV CANADA a participé activement aux travaux du Conseil consultatif sur la réglementation aérienne canadienne (CCRAC) qui visaient à améliorer le cadre réglementaire canadien en vigueur régissant l’exploitation des RPAS. Nous avons également pris part aux travaux du groupe d’experts sur les systèmes d’aéronef télépiloté de l’Organisation de l’aviation civile internationale qui visaient à élaborer des normes réglementaires internationales et des pratiques exemplaires à l’intention des États.

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