Le 28 novembre, 2018

Espace aérien sûr pour le sommet du G7

Certaines manifestations aéronautiques spéciales sont considérées exceptionnelles et exigent des opérations de sécurité particulières ainsi qu’une étroite collaboration avec des organismes gouvernementaux. Citons comme exemple le Sommet du G7 accueilli par le Canada en juin 2018.

Cet événement a eu lieu au Québec pour la première fois depuis 1981. Les chefs d’état du Canada, de la France, de l’Allemagne, de l’Italie, du Japon, du Royaume-Uni et des États-Unis se sont réunis afin de trouver des terrains d’entente sur des enjeux mondiaux communs allant de l’économie à la sécurité. La sécurité était d’ailleurs à l’avant-plan à ce 44e Sommet.

« Notre principal objectif concernait la gestion de l’espace aérien pour l’événement, indique Brian Guimond, alors gestionnaire, Opérations militaires, à NAV CANADA. Nous avons travaillé en étroite collaboration avec plusieurs autres groupes pour mettre au point cette opération ».

Sécurité, sécurité, sécurité

La première réunion de planification en août 2017 a rassemblé des représentants de NAV CANADA, de la Gendarmerie Royale du Canada (GRC), de Transports Canada (qui autorise les restrictions de l’espace aérien), de l’Aviation royale du Canada (ARC) et du ministère de la Défense nationale (MDN).

Six des sept dirigeants mondiaux ont atterri à l’aéroport militaire de Bagotville, à environ 150 kilomètres au nord de La Malbaie, tandis que le président de la France arrivait de Québec où il a rencontré le premier ministre du Québec. De là, ils ont été transportés par hélicoptère au Fairmont Manoir Richelieu, lieu fortement protégé, choisi pour l’événement et reconnu pour sa beauté et son isolement relatif, et surplombant le fleuve Saint-Laurent.

Pour accueillir cette circulation VIP, une plateforme d’atterrissage a été aménagée dans le stationnement de la zone rouge intérieure sécurisée, entourée d’une clôture de trois mètres érigée au coût de 3,8 millions $. Plus de 8 000 membres des Forces armées canadiennes, de la GRC et de la Sûreté du Québec étaient sur place pour assurer la sécurité au sol. En raison de la proximité du fleuve, des équipes de sécurité maritime ont aussi assuré la sécurité sur le fleuve. Une zone verte a été désignée autour de la zone rouge pour accroître le niveau de sécurité et a servi de zone de libre expression à l’intention des manifestants anti-mondialistes.

Zone d’exclusion aérienne

En prévision de l’événement, une zone de 55 kilomètres (30 milles marins) autour de l’emplacement du G7 a été déclarée zone d’exclusion aérienne par la GRC de concert avec Transports Canada, et une formation de CF-18 de la BFC Bagotville a patrouillé les airs. « La zone d’exclusion s’étendait jusqu’à 23 000 pieds. L’aviation civile était autorisée à survoler cette zone, mais nous devions prendre en compte toute la circulation aérienne, internationale et locale, qui risquait d’être touchée et tâcher de la perturber le moins possible », précise Brian, un ancien membre de l’ARC.

Pour établir une voie de contournement plus directe pour la circulation aérienne, l’extrémité la plus au sud de la zone d’exclusion a été enlevée (avec l’accord de la GRC et du NORAD et en coordination avec l’ARTCC de Boston, vu que les vols se rapprocheraient de l’espace aérien des États-Unis). Cela a bien fonctionné et les perturbations ont été minimes.

Circulation de drones – une réalité grandissante

En plus de s’assurer de perturber au minimum le trafic commercial, il a fallu penser à la présence potentielle d’aéronefs télépilotés (RPA ou drones). La GRC a pris des mesures pour contrer les risques potentiels ou les perturbations posées par les drones aux aéronefs assurant la protection du G7 ou à la sécurité du lieu de rencontre lui-même.

Communication et coordination

Les membres du MDN ont participé très activement à la planification et à la mise en œuvre de l’événement. De fait, trois officiers de l’armée de l’air ont un bureau au Siège social d’Ottawa. L’expérience de Brian au sein de l’ARC a été très précieuse. « J’ai participé à la planification de plusieurs événements en matière de sécurité aérienne depuis le Sommet du G8 de 2002 à Kananaskis, et chacun présentait des défis particuliers intéressants », a souligné Brian.

Un travail d’équipe récompensé

Le groupe Opérations militaires de NAV CANADA ainsi que des employés du Centre de contrôle régional de Montréal ont planifié et mis au point la configuration de l’espace aérien jusqu’à ce qu’elle réponde aux besoins de toutes les parties concernées. « Gérer un tel projet, c’est comme jouer aux échecs en trois dimensions, tant il y a de variables à prendre en compte. Chacun doit pouvoir se reporter au même ensemble de faits et d’objectifs, savoir quand et s’il faut passer le relais et à qui, et qui est responsable exactement de quoi. Ici, c’est la sécurité des gens qui est en jeu, point à la ligne ».

« C’est alors que comptent une planification soignée et une communication claire et précise, d’autant plus que les membres de l’équipe élargie ne sont pas tous des experts en aviation. Pour moi, c’est ça le défi, et travailler avec tous ces experts, c’est la véritable récompense dans une opération de cette nature »

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